Publié le 15 avril 2024

La future prospérité du Québec ne naîtra pas de la technologie OU de l’énergie verte, mais de leur fusion stratégique et systémique.

  • L’hydroélectricité n’est plus une commodité, elle devient l’infrastructure critique qui alimente l’intelligence artificielle et les centres de données.
  • Le numérique, en retour, devient le cerveau qui optimise la production, la distribution et la consommation de cette même énergie.

Recommandation : Les entreprises doivent cesser de penser en silos technologiques et énergétiques pour construire des modèles d’affaires intégrés, où la compétitivité dépend de la maîtrise de cette convergence.

À l’aube de 2030, le Québec se trouve à la croisée des chemins, face à une transformation économique d’une ampleur qui n’est pas sans rappeler la Révolution tranquille. D’un côté, une vague d’innovations technologiques, menée par l’intelligence artificielle et le numérique, promet de réinventer nos usines et nos services. De l’autre, un impératif planétaire, la transition énergétique, nous force à repenser la manière dont nous alimentons notre croissance. Trop souvent, ces deux forces sont perçues comme des défis parallèles, chacun avec ses experts, ses budgets et ses feuilles de route.

On parle abondamment de la filière batterie, de l’essor des centres de données, de la décarbonation de l’industrie ou de l’importance de l’IA. Si ces sujets sont cruciaux, les analyser séparément nous fait manquer l’essentiel. C’est comme admirer les différentes pièces d’un moteur sans comprendre comment elles s’assemblent pour créer la puissance. La véritable révolution, celle qui déterminera les gagnants et les perdants de la prochaine décennie, ne réside pas dans l’un ou l’autre de ces domaines. Mais si la clé n’était pas l’un OU l’autre, mais l’un AVEC l’autre ?

Cet article propose une lecture différente : celle de la convergence systémique. Nous explorerons comment la double révolution technologique et énergétique n’en forme en réalité qu’une seule. C’est une dynamique d’interdépendance où l’énergie propre devient l’infrastructure de l’intelligence, et où l’intelligence devient le cerveau de l’énergie. Pour les décideurs, comprendre cette fusion n’est pas une option, c’est la nouvelle boussole stratégique pour naviguer l’économie québécoise de demain.

Ce guide est conçu pour vous offrir une carte claire de ce nouveau territoire économique. Nous analyserons la dynamique de cette double transition, depuis ses fondations jusqu’à ses applications les plus innovantes, pour vous donner les clés de compréhension et d’action.

Le moteur invisible : comment l’innovation technologique est en train de réinventer les usines du Québec

La transformation numérique n’est plus un concept futuriste, c’est une réalité palpable qui s’installe au cœur des industries québécoises. L’usine 4.0, autrefois un idéal, prend forme grâce à l’intégration de capteurs, de l’Internet des objets (IoT) et, surtout, de l’intelligence artificielle. Ces technologies agissent comme un nouveau système nerveux pour les entreprises, leur permettant de voir, comprendre et anticiper leurs opérations avec une précision inédite. Le concept de jumeau numérique, une réplique virtuelle et dynamique de l’ensemble des processus d’une usine, est au centre de cette révolution. Il permet de simuler des scénarios, d’optimiser les flux de production et de réaliser une maintenance prédictive, générant des gains de productivité spectaculaires.

Cependant, cette intelligence a un appétit énergétique vorace. Comme le souligne François Gingras, vice-président d’Investissement Québec, « un jumeau numérique, il faut le nourrir. C’est de la modélisation en temps réel, donc on a besoin de données en temps réel ». Cette collecte et ce traitement massifs de données se concentrent dans des centres de données, dont la demande énergétique explose. Les nouvelles prévisions d’Hydro-Québec illustrent cette tendance de fond : on s’attend à un bond à 1102 MW de puissance prévus pour 2035, uniquement pour les centres de données, contre seulement 150 MW actuels. Cette hausse spectaculaire révèle la première moitié de l’équation de la convergence : l’innovation technologique crée une dépendance massive à une énergie abondante et fiable.

Pour une PME québécoise, cela signifie que sa compétitivité future ne dépendra pas seulement de sa capacité à adopter le numérique, mais aussi de sa capacité à sécuriser l’énergie nécessaire pour le faire fonctionner de manière efficace et abordable. Le moteur technologique a besoin d’un carburant propre et abondant pour tourner à plein régime.

Énergie au Québec : comment alimenter notre avenir industriel sans faire exploser la facture (ni la planète)

Face à l’appétit énergétique de la révolution numérique et à l’électrification des transports et des procédés industriels, le Québec fait face à un défi historique : comment doubler sa production d’électricité tout en respectant ses engagements climatiques ? La question n’est plus de savoir si nous aurons besoin de plus d’énergie, mais comment la produire, la transporter et l’utiliser intelligemment. L’avantage comparatif du Québec, son hydroélectricité propre et abordable, est aujourd’hui plus précieux que jamais, mais il n’est pas infini. C’est ce que l’on nomme l’infrastructure de l’intelligence : notre capacité à générer des électrons propres est la condition sine qua non de notre capacité à générer de la valeur numérique.

Le plan stratégique d’Hydro-Québec est clair : il faudra trouver 100 TWh additionnels d’ici 2050 pour répondre à la demande. Cet effort colossal ne passera pas uniquement par la construction de nouveaux barrages. La stratégie repose sur un triptyque : l’augmentation de la production, notamment via l’éolien, une efficacité énergétique accrue et, surtout, une gestion plus dynamique de la demande. Le réseau électrique de demain ne sera pas une autoroute à sens unique de la centrale au consommateur. Il deviendra une plateforme intelligente et interactive, un véritable « cerveau énergétique » où l’offre et la demande dialoguent en temps réel.

Cette modernisation de l’infrastructure est la colonne vertébrale physique de la nouvelle économie québécoise. Elle doit être à la fois robuste pour supporter la charge et flexible pour s’adapter aux nouvelles sources d’énergie intermittentes.

Infrastructure de transmission électrique d'Hydro-Québec avec lignes haute tension traversant le paysage québécois

Comme le montre cette image, notre réseau est une prouesse d’ingénierie qui sillonne le territoire. Demain, il devra être bien plus : un système nerveux capable de piloter l’énergie avec la même finesse que l’information. Pour les entreprises, cela ouvre des opportunités de devenir des acteurs du réseau, en modulant leur consommation ou en réinjectant leur surplus, transformant une dépense en une source potentielle de revenus.

Le numérique peut-il être vert ? Le défi des solutions durables pour l’industrie québécoise

La convergence de la technologie et de l’énergie soulève une question fondamentale : le numérique, si gourmand en ressources, peut-il réellement être un allié de la transition écologique ? La réponse est oui, à condition de l’orienter activement vers des solutions durables. C’est là que le concept de « technologies propres » ou *cleantech* prend tout son sens. Il ne s’agit plus seulement de produire de l’énergie verte, mais d’utiliser l’innovation pour réduire l’empreinte de toutes les activités économiques. Le Québec est déjà bien engagé dans cette voie, avec plus de 65,4% des entreprises de 5 employés et plus qui utilisaient au moins une technologie propre en 2019, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Cette tendance montre que le numérique n’est pas qu’un consommateur d’énergie ; il est aussi un puissant outil d’optimisation. L’intelligence artificielle peut, par exemple, optimiser la logistique pour réduire les kilomètres parcourus, ajuster en temps réel la consommation d’énergie d’un bâtiment ou encore améliorer les rendements agricoles pour limiter l’usage d’intrants. Le numérique devient ainsi le levier qui permet d’atteindre une sobriété énergétique intelligente, où l’on consomme moins, non pas par privation, mais par une meilleure allocation des ressources.

L’innovation se niche aussi dans la transformation des industries traditionnelles. Un excellent exemple est le projet de captage du carbone développé par Kruger à son usine de pâtes et papiers Wayagamack à Trois-Rivières. Cette initiative démontre comment une industrie mature peut intégrer des technologies de pointe pour réduire drastiquement son empreinte carbone, transformant un déchet (le CO2) en une ressource potentielle. C’est la preuve que la transition ne consiste pas à abandonner nos secteurs historiques, mais à les réinventer grâce à la convergence technologique et environnementale.

Votre responsabilité environnementale ne s’arrête pas à la porte de l’usine : le guide pour une vision 360°

À l’ère de la convergence, la responsabilité environnementale d’une entreprise ne se mesure plus seulement à sa consommation d’énergie ou à ses émissions directes (Scope 1 et 2). La véritable performance ESG (Environnementale, Sociale et de Gouvernance) réside dans une vision à 360 degrés qui englobe l’ensemble de la chaîne de valeur, des fournisseurs de matières premières jusqu’au consommateur final (Scope 3). Les décideurs et les investisseurs scrutent de plus en plus cette empreinte élargie, qui représente souvent la majorité des émissions totales d’une entreprise. Ignorer cet aspect, c’est prendre un risque réputationnel et financier majeur.

Adopter cette vision 360° implique de passer d’une logique de simple conformité à une stratégie d’économie circulaire 2.0. Il ne s’agit plus seulement de recycler les déchets en bout de chaîne, mais de concevoir des produits et des processus où les « déchets » n’existent pas, car chaque sortie est une entrée pour un autre cycle. La technologie est ici un allié indispensable. Des plateformes de traçabilité basées sur la blockchain, par exemple, peuvent certifier l’origine bas-carbone d’une matière première, garantissant la transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement et créant une prime de valeur pour les produits véritablement durables.

Cette approche transforme une contrainte réglementaire en un puissant avantage concurrentiel. Une entreprise qui maîtrise sa chaîne de valeur sur le plan environnemental est plus résiliente, plus innovante et plus attractive pour les talents et les capitaux.

Vue macro de matériaux recyclés transformés dans un processus industriel circulaire

Cette transformation de la matière, d’un déchet à une ressource, est l’essence même de l’économie circulaire. Elle exige une collaboration étroite avec les partenaires et une transparence radicale, deux piliers d’une culture d’entreprise tournée vers l’avenir.

Qui sont les architectes du futur Québec ? Cartographie des pôles d’innovation qui façonnent notre économie

La transformation économique du Québec n’est pas un phénomène abstrait ; elle est incarnée par des hommes, des femmes et des organisations qui bâtissent activement l’avenir. Ces « architectes du futur » sont regroupés au sein d’un réseau de pôles d’innovation spécialisés qui maille l’ensemble du territoire. Loin d’être des initiatives isolées, ces zones forment un archipel intelligent et collaboratif, où chaque région développe une expertise de pointe complémentaire aux autres. Cette spécialisation territoriale est une force stratégique majeure, permettant de concentrer les talents, les investissements et les infrastructures pour atteindre une masse critique et une reconnaissance mondiale.

Cette vision est partagée au plus haut niveau, comme en témoigne la déclaration de Claudine Bouchard, PDG d’Hydro-Québec :

Les centres de données, c’est une opportunité exceptionnelle pour le Québec, selon moi, dans les prochaines années

– Claudine Bouchard, PDG d’Hydro-Québec

Cette citation est révélatrice de la convergence en action : le leader de l’énergie voit la croissance du numérique non comme un fardeau, mais comme une opportunité économique majeure. Cette cartographie de l’innovation est essentielle pour tout décideur cherchant à se positionner, à trouver des partenaires ou à recruter des talents.

Le tableau suivant, basé sur une analyse des écosystèmes d’innovation, offre un aperçu de cette spécialisation régionale.

Spécialisations régionales des pôles d’innovation au Québec
Région Spécialisation Acteurs clés
Montréal Intelligence artificielle, électrification des transports Mila, Propulsion Québec, InnovÉÉ
Sherbrooke Quantique, nanotechnologies DistriQ, Zone d’innovation quantique
Québec Optique-photonique, jeux vidéo INO, CIMMI
Saguenay Aluminium vert, valorisation de la biomasse Centre de recherche sur l’aluminium
Bécancour Filière batterie Zone industrielle de Bécancour

Ce réseau démontre que l’innovation québécoise est à la fois concentrée et distribuée, créant un écosystème résilient et diversifié, prêt à relever les défis de la double transition.

L’avion du futur sera-t-il à l’hydrogène, électrique ou aux biocarburants ? La place du Québec dans la course

L’industrie aérospatiale, joyau de l’économie québécoise, est un microcosme parfait de la double révolution en cours. Le secteur est face à un défi monumental : décarboner le transport aérien. Cette course vers l’avion « zéro émission » explore plusieurs avenues technologiques : l’hydrogène, les batteries électriques pour les trajets courts et les biocarburants durables (SAF). Plutôt que de parier sur une seule solution, le Québec se positionne intelligemment comme un laboratoire à ciel ouvert où ces différentes technologies peuvent être développées, testées et certifiées. L’enjeu est colossal, car la transition énergétique mondiale nécessitera des investissements de près de 40 000 milliards de dollars d’ici 2030, et l’aérospatiale captera une part significative de ce capital.

La Zone d’innovation aérospatiale (AZE), centrée autour de Longueuil, de l’École Nationale d’Aérotechnique (ÉNA) et de Brossard, est l’épicentre de cette stratégie. Cet écosystème unique rassemble les grands donneurs d’ordres (comme Airbus, Pratt & Whitney Canada, Bell Textron), des centaines de PME innovantes et des centres de recherche de calibre mondial. C’est ici que la convergence devient tangible : les experts en matériaux composites travaillent avec les spécialistes des batteries, les ingénieurs en motorisation collaborent avec les développeurs de logiciels d’optimisation de vol, et tous dépendent des fournisseurs d’énergie propre pour tester leurs prototypes.

Ce modèle collaboratif, où la compétition et la coopération coexistent, est la clé pour accélérer l’innovation. Il permet de mutualiser les risques, de partager les connaissances et de créer une chaîne de valeur complète, de la recherche fondamentale à la certification de l’aéronef. Pour le Québec, l’objectif n’est pas seulement de construire l’avion du futur, mais de concevoir et de maîtriser tout l’écosystème qui le rendra possible.

Les ‘yeux’ et les ‘oreilles’ de votre usine : quelle technologie choisir pour détecter les dangers avant l’accident ?

Dans l’usine moderne, la performance ne se mesure pas seulement en termes de productivité, mais aussi de sécurité et de résilience. La même vague technologique qui optimise la production offre des outils sans précédent pour anticiper les risques, qu’ils soient opérationnels, environnementaux ou humains. Des capteurs intelligents, des caméras dotées de vision par ordinateur et des systèmes d’analyse de données en temps réel agissent comme les « yeux » et les « oreilles » de l’entreprise, assurant une surveillance constante des équipements critiques et des environnements de travail. Ces technologies permettent de passer d’une sécurité réactive (agir après un incident) à une sécurité prédictive (agir avant qu’il ne se produise).

Le jumeau numérique, déjà mentionné pour son rôle dans l’optimisation, est également un outil de sécurité de premier plan. En simulant des pannes d’équipement ou des scénarios d’urgence dans un environnement virtuel, les entreprises peuvent former leurs équipes et tester leurs protocoles sans aucun risque pour le personnel ou la production. Cette capacité à « jouer » des scénarios critiques permet d’identifier les failles et de renforcer la robustesse des opérations avant qu’un véritable incident ne survienne.

Cependant, le déploiement de ces technologies de surveillance soulève des questions importantes, notamment en matière de protection de la vie privée des employés. La conformité avec la Loi 25 du Québec est non négociable. Il est impératif d’établir des politiques claires sur la collecte et l’utilisation des données, d’obtenir le consentement lorsque nécessaire et de s’assurer que la surveillance est strictement limitée aux objectifs légitimes de sécurité et de performance. La confiance est le socle sur lequel repose l’acceptation de ces nouvelles technologies en milieu de travail.

À retenir

  • La compétitivité future du Québec repose sur la fusion stratégique de la technologie et de l’énergie, pas sur leur développement parallèle.
  • L’hydroélectricité devient l’infrastructure critique de l’économie numérique (IA, centres de données), tandis que le numérique optimise la gestion de l’énergie.
  • La responsabilité environnementale (ESG) s’étend à toute la chaîne de valeur (Scope 3) et devient un avantage concurrentiel majeur.

Devenir une entreprise bas-carbone : la stratégie étape par étape pour aligner profit et planète

La transition vers une économie bas-carbone n’est plus une simple question d’image ou de responsabilité sociale ; c’est un impératif économique. Les entreprises qui tardent à s’engager risquent non seulement de subir des contraintes réglementaires croissantes, mais aussi de perdre leur accès aux marchés, aux talents et aux capitaux. À l’inverse, celles qui embrassent cette transformation découvrent un puissant moteur de croissance et d’innovation. Au Québec, le secteur des technologies propres en est la preuve vivante, représentant un PIB de plus de 20,259 milliards de dollars en 2021. Aligner profit et planète n’est donc pas un compromis, c’est une stratégie gagnante.

Pour une PME, le chemin peut sembler complexe, mais il existe une feuille de route claire et des outils concrets pour accompagner cette démarche. Il ne s’agit pas de tout changer du jour au lendemain, mais d’amorcer un processus itératif et mesurable. La première étape consiste souvent à réaliser un audit énergétique et un bilan carbone pour bien comprendre son point de départ. À partir de là, une stratégie peut être bâtie, en priorisant d’abord les actions à fort impact et à retour sur investissement rapide, comme l’efficacité énergétique.

Le gouvernement du Québec et ses partenaires ont mis en place un écosystème de soutien robuste pour aider les entreprises dans cette transition. Des programmes de financement aux services d’accompagnement technique, les ressources sont disponibles pour transformer l’ambition en actions concrètes.

Votre plan d’action pour devenir une entreprise bas-carbone

  1. Accéder aux programmes de financement (ex: ÉcoPerformance de Transition énergétique Québec, fonds spécifiques d’Investissement Québec).
  2. Réaliser un audit énergétique complet de l’entreprise pour identifier les gisements d’économies.
  3. Prioriser l’efficacité énergétique (isolation, moteurs performants) et la sobriété (réduction du gaspillage).
  4. Développer un modèle d’économie circulaire pour valoriser les matières résiduelles et créer de nouvelles sources de revenus.
  5. Négocier des conditions de « financement vert » avec les institutions financières, en démontrant la solidité de votre plan ESG.
  6. Mesurer et communiquer les progrès via des indicateurs ESG clairs pour valoriser vos efforts auprès des clients, employés et investisseurs.

S’engager sur cette voie, c’est investir dans la pérennité et la pertinence de son entreprise pour les décennies à venir. C’est le passage obligé pour toute organisation qui aspire à être un leader dans l’économie québécoise de 2030.

Questions fréquentes sur la transformation économique du Québec

Qu’est-ce qu’un jumeau numérique et comment aide-t-il à la sécurité ?

Un jumeau numérique est une réplique virtuelle et dynamique qui reproduit dans un logiciel l’ensemble des flux de matières, d’équipements et de données d’une entreprise. Il permet de simuler des scénarios de risque, comme des pannes ou des accidents, dans un environnement contrôlé, afin de tester et d’améliorer les protocoles de sécurité avant qu’un incident réel ne survienne.

Comment respecter la Loi 25 du Québec sur la vie privée avec ces technologies de surveillance ?

La conformité avec la Loi 25 est essentielle. Les entreprises doivent établir des protocoles très clairs sur la collecte et l’utilisation des données, en informant et en obtenant le consentement des employés lorsque requis. La surveillance doit être limitée aux zones, équipements et données strictement nécessaires pour atteindre les objectifs légitimes de sécurité et de performance, en anonymisant les données personnelles dès que possible.

Quel est le retour sur investissement (ROI) typique de ces investissements pour une PME manufacturière ?

Bien que chaque cas soit unique, les entreprises qui ont mené à bien leur transformation numérique rapportent fréquemment un retour sur investissement dans un horizon de 12 à 18 mois. Ces gains proviennent non seulement de la réduction des accidents et des temps d’arrêt, mais aussi d’une amélioration significative de la productivité, de la qualité et de l’efficacité énergétique.

Rédigé par Michel Desjardins, Michel Desjardins est un journaliste économique et chroniqueur senior avec plus de 30 ans de carrière à couvrir la transformation de l'économie québécoise. Il est reconnu pour sa capacité à mettre en perspective les grandes tendances industrielles et politiques.