
Contrairement aux discours officiels, la croissance du PIB ne signifie pas un enrichissement pour tous les Québécois.
- Le PIB par habitant, notre véritable mesure de richesse individuelle, est en baisse malgré une économie en apparence croissante.
- Notre modèle économique est plus résilient que celui de l’Ontario, notamment grâce à un plus faible endettement des ménages.
Recommandation : Pour évaluer l’économie, regardez au-delà du PIB et analysez la productivité, la démographie et la répartition réelle de la richesse.
On vous le répète dans les nouvelles : l’économie québécoise se porte bien. On parle d’une croissance du PIB, d’un « atterrissage en douceur » après les turbulences, et d’un marché du travail qui tourne. Pourtant, à l’épicerie, devant les factures ou en regardant le marché immobilier, beaucoup se posent la même question : si l’économie va si bien, pourquoi est-ce que je ne le ressens pas dans mon portefeuille ? Cette impression que quelque chose cloche n’est pas juste un sentiment, c’est une réalité économique complexe que les grands titres masquent souvent.
Le réflexe est de se tourner vers les indicateurs habituels : le Produit Intérieur Brut (PIB), le taux de chômage, l’inflation. Ce sont des pièces importantes du puzzle, certes. Mais se fier uniquement à eux pour juger de la santé de l’économie, c’est comme évaluer un match de hockey en ne regardant que le nombre de tirs au but, sans regarder le pointage final. On passe à côté de l’essentiel.
Et si la véritable clé n’était pas de savoir si l’économie grossit, mais plutôt *comment* elle grossit et *pour qui* ? C’est ici que notre analyse commence. Nous allons délaisser les raccourcis pour plonger dans les chiffres qui comptent vraiment. L’objectif n’est pas de vous dire quoi penser, mais de vous donner les outils pour forger votre propre opinion, éclairée et nuancée. Car comprendre l’économie, ce n’est pas une affaire d’experts, c’est un pouvoir citoyen.
Cet article va décortiquer la machine économique québécoise en examinant sa structure réelle, le rôle de l’État, sa performance face à son voisin ontarien et les grands défis qui la menacent. Vous découvrirez les indicateurs que les politiciens préfèrent parfois laisser dans l’ombre, mais qui définissent réellement notre prospérité collective et individuelle.
Sommaire : Analyser l’économie québécoise au-delà des clichés
- Services, industries, ressources : de quoi est vraiment faite l’économie du Québec aujourd’hui ?
- L’État comme joueur : comment les décisions de Québec et d’Ottawa influencent votre portefeuille et votre entreprise
- Québec vs Ontario : le match économique qui dépasse les clichés
- La bombe à retardement démographique : le plus grand défi pour l’avenir de l’économie québécoise ?
- L’autre économie : comment le modèle de l’économie sociale façonne le Québec
- Comment essayer votre futur métier à temps partiel avant de faire le grand saut
- Comment naît une loi au Québec : le guide pour comprendre où et quand vous pouvez intervenir
- La croissance à tout prix, c’est fini : comment bâtir une entreprise qui prospère sur le long terme
Services, industries, ressources : de quoi est vraiment faite l’économie du Québec aujourd’hui ?
Pour comprendre où va l’économie, il faut d’abord savoir de quoi elle est faite. Loin de l’image d’Épinal d’une économie uniquement basée sur l’hydroélectricité et les ressources naturelles, le Québec moderne est avant tout une économie de services. Pensez aux technologies de l’information, à la finance, à la santé, à l’éducation et au commerce de détail. Ce secteur tertiaire représente la part du lion de notre PIB et de nos emplois. C’est le moteur principal qui fait tourner la machine au quotidien.
Bien sûr, le secteur manufacturier reste un pilier. L’aérospatiale, l’aluminium et l’agroalimentaire sont des industries de pointe qui nous font rayonner à l’international. Cependant, leur poids relatif a changé. La véritable histoire économique des dernières années est celle d’une résilience portée par la consommation intérieure. L’économie québécoise a démontré une capacité d’adaptation notable, avec une croissance de 1,4% en 2024, une nette amélioration par rapport au timide 0,3% de 2023. Cette performance est largement tirée par les dépenses de consommation, qui ont elles-mêmes augmenté de 3% sur l’année.
Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Que malgré l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, les ménages québécois ont continué à dépenser, soutenant ainsi l’activité. C’est une preuve de confiance, mais aussi un signe de la solidité de notre marché de l’emploi. Cette dynamique nous place sur un pied d’égalité avec la moyenne canadienne. Comprendre cette composition est essentiel : une économie dominée par les services est souvent plus stable, mais aussi plus dépendante de la confiance des consommateurs et du pouvoir d’achat des ménages.
C’est ce fragile équilibre entre production et consommation qui dessine les contours de notre prospérité et qui rend les politiques publiques si déterminantes.
L’État comme joueur : comment les décisions de Québec et d’Ottawa influencent votre portefeuille et votre entreprise
Au Québec, peut-être plus qu’ailleurs en Amérique du Nord, l’État n’est pas un simple arbitre ; c’est un joueur majeur sur l’échiquier économique. Les gouvernements provincial et fédéral, par leurs budgets, leurs lois et leurs programmes, exercent une influence directe sur la vie des citoyens et la stratégie des entreprises. Penser l’économie sans intégrer cette variable serait une erreur fondamentale. Leurs décisions façonnent les règles du jeu, des impôts que vous payez aux subventions qui stimulent l’innovation.
On entend souvent les politiciens parler d’un « atterrissage en douceur » de l’économie. Ce terme, qui semble tout droit sorti d’un manuel de pilotage, est devenu le mantra des ministères des Finances. Comme le formule un document budgétaire fédéral récent :
Du point de vue des indicateurs économiques, l’atterrissage en douceur de l’économie est largement réalisé. Il s’agit d’un accomplissement macroéconomique historique.
– Document budgétaire fédéral, Aperçu de la situation économique et budgétaire – EEA 2024
Mais qu’est-ce que ça signifie pour vous ? L’idée est de ralentir l’économie juste assez pour maîtriser l’inflation, sans pour autant provoquer une récession et une vague de pertes d’emplois. C’est un exercice d’équilibriste réalisé via les taux d’intérêt de la Banque du Canada et les politiques fiscales de Québec et Ottawa. Chaque annonce de budget, chaque crédit d’impôt aboli ou chaque programme de soutien créé est un levier actionné pour orienter la machine.

Comme le suggère cette image, le poids des institutions publiques est massif. Que ce soit par le biais d’Investissement Québec qui finance des projets stratégiques, des réductions d’impôts visant à stimuler la consommation, ou des budgets massifs dans la santé et l’éducation, l’interventionnisme étatique est une caractéristique fondamentale de notre modèle. Le comprendre, c’est détenir une clé essentielle pour anticiper les virages économiques à venir.
Cette interaction constante entre le politique et l’économique rend notre écosystème unique et complexe, particulièrement lorsqu’on le compare à notre principal partenaire commercial.
Québec vs Ontario : le match économique qui dépasse les clichés
La comparaison Québec-Ontario est un classique, souvent réduite à des clichés sur les impôts, la langue ou les performances du Canadien face aux Leafs. Pourtant, sur le plan économique, le match est bien plus nuancé et instructif qu’on ne le pense. En analysant les chiffres récents, on découvre une performance québécoise qui surprend et remet en question bien des idées reçues. Loin d’être à la traîne, le Québec a fait preuve d’une vitalité et d’une résilience remarquables.
Plutôt que de se fier aux impressions, regardons les faits. Le tableau suivant, basé sur des données récentes, dresse un portrait comparatif qui parle de lui-même.
| Indicateur | Québec | Ontario |
|---|---|---|
| Croissance PIB T2 2024 | 2,7% | 2,1% |
| Croissance PIB T1 2024 | 3,6% | 1,8% |
| Taux de chômage (août 2024) | 6,0% | 7,1% |
| Ratio endettement des ménages | 148,3% | 189,1% |
Ce que ces chiffres révèlent est frappant. Non seulement le Québec a affiché une croissance de son PIB supérieure à celle de l’Ontario au cours des premiers trimestres de 2024, mais il le fait avec un marché du travail plus serré et, surtout, un avantage structurel majeur : un ratio d’endettement des ménages nettement plus faible. Comme le montre une analyse comparative économique récente, ce ratio de 148,3% au Québec contre 189,1% en Ontario n’est pas un détail. Il signifie que les ménages québécois sont collectivement moins vulnérables aux hausses de taux d’intérêt, car une plus petite partie de leur revenu est consacrée au service de la dette.
Cette meilleure santé financière des ménages, combinée à une épargne accumulée durant la pandémie et aux réductions d’impôts, explique en grande partie pourquoi la consommation a mieux résisté ici. La Belle Province a donc mieux absorbé le choc du resserrement monétaire. C’est une leçon d’économie fondamentale : la structure de la dette est un indicateur de résilience bien plus puissant que la simple croissance du PIB à un instant T.
Cependant, cette performance encourageante ne doit pas masquer le plus grand défi qui se profile à l’horizon pour le Québec.
La bombe à retardement démographique : le plus grand défi pour l’avenir de l’économie québécoise ?
Voici le paradoxe au cœur de l’économie québécoise actuelle : la machine économique globale grossit, mais la part du gâteau pour chaque individu, elle, diminue. C’est le constat déroutant qui émerge lorsqu’on regarde au-delà du PIB. L’afflux massif de résidents non permanents (travailleurs temporaires, étudiants internationaux, demandeurs d’asile) a permis au Québec de maintenir une croissance économique et d’éviter une récession technique en 2024. Sur papier, c’est une bonne nouvelle. Mais cette croissance est en grande partie une illusion d’optique démographique.
Le véritable indicateur de la création de richesse, celui qui mesure si nous devenons collectivement plus prospères, est le PIB par habitant. Et sur ce front, le signal est au rouge. Malgré la croissance globale, l’Institut du Québec révèle une baisse de 2,8% du PIB par habitant depuis 2022. En clair, l’économie a crû moins vite que la population. Chaque Québécois s’est donc, en moyenne, légèrement appauvri. C’est la preuve que notre économie souffre d’un problème de productivité structurelle. Nous avons besoin de plus de bras pour produire à peine plus, au lieu de produire davantage avec les mêmes effectifs grâce à l’innovation et à l’automatisation.
Cette situation crée une tension énorme. D’un côté, nous avons besoin de l’immigration pour combler nos pénuries de main-d’œuvre et contrer les effets du vieillissement de la population. De l’autre, si nous n’arrivons pas à intégrer efficacement ces nouveaux arrivants et à augmenter notre productivité, nous risquons une stagnation, voire une baisse de notre niveau de vie collectif. C’est la véritable bombe à retardement de l’économie québécoise. La question n’est plus seulement « comment faire grossir l’économie ? », mais « comment créer plus de richesse par personne ? ».
Face à ce modèle de croissance qui s’essouffle, une autre facette de notre économie, souvent sous-estimée, offre des pistes de solution différentes.
L’autre économie : comment le modèle de l’économie sociale façonne le Québec
Quand on parle d’économie, on pense spontanément aux grandes entreprises privées et au secteur public. Pourtant, au Québec, il existe un troisième joueur d’une importance capitale, profondément ancré dans notre histoire et notre culture : l’économie sociale. Coopératives, organismes à but non lucratif (OBNL), mutuelles… Ces entreprises collectives ne visent pas d’abord le profit pour des actionnaires, mais répondent à des besoins de leurs membres ou de la collectivité. Et leur poids est loin d’être négligeable.
Pour en saisir l’ampleur, les chiffres sont éloquents. Selon les données gouvernementales, l’économie sociale québécoise compte plus de 11 200 entreprises, générant 220 000 emplois et des revenus annuels approchant les 48 milliards de dollars. Cela représente une part significative de notre PIB, parfois estimée autour de 10%. Des services de garde (CPE) aux coopératives financières comme Desjardins, en passant par les coopératives d’habitation ou les entreprises d’insertion, ce modèle est partout.

Ce modèle d’affaires, centré sur l’humain et l’ancrage local, offre une forme de résilience économique et sociale. Les profits sont réinvestis dans la mission, les décisions sont prises démocratiquement et l’entreprise est moins susceptible de délocaliser. Dans un contexte où la croissance à tout prix montre ses limites, l’économie sociale propose une voie alternative, celle d’un développement économique qui intègre des objectifs sociaux et environnementaux. Elle est une réponse concrète à la quête de sens au travail et au désir d’un capitalisme à visage plus humain.
Reconnaître l’importance de cette « autre économie », ce n’est pas de l’angélisme. C’est comprendre une des forces structurelles qui distinguent le Québec et qui pourrait jouer un rôle clé dans la construction d’une prospérité plus durable et mieux partagée. C’est un véritable laboratoire d’innovation sociale et économique.
Cette économie en mutation force non seulement les entreprises à se réinventer, mais aussi les individus à repenser leur parcours professionnel.
Comment essayer votre futur métier à temps partiel avant de faire le grand saut
Face aux transformations profondes de l’économie québécoise – la transition verte, la révolution de l’intelligence artificielle, les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs –, l’idée d’une carrière linéaire est devenue obsolète. La capacité à s’adapter, à se requalifier et même à pivoter complètement est désormais une compétence essentielle. Mais comment faire le bon choix sans tout risquer ? La réponse se trouve souvent dans une approche progressive : tester avant d’adopter.
L’économie de la flexibilité (gig economy), souvent critiquée, peut ici devenir un formidable outil d’exploration. Travailler comme pigiste, accepter des contrats courts ou démarrer une activité autonome à temps partiel permet de « tremper un orteil » dans un nouveau domaine. Vous songez à la programmation ? Réalisez de petits projets pour des clients. La transition énergétique vous passionne ? Impliquez-vous dans un projet communautaire. Cette approche pragmatique permet de valider votre intérêt, de développer de nouvelles compétences et de bâtir un réseau avant de quitter la sécurité de votre emploi actuel.
Les secteurs en pleine croissance offrent des opportunités massives. Par exemple, le plan québécois pour l’économie verte pourrait créer jusqu’à 15 500 nouveaux emplois et ajouter des milliards au PIB. Se former dans ce domaine peut être un pari gagnant. Pour naviguer ces eaux changeantes, une stratégie claire est nécessaire.
Votre plan d’action pour une requalification réussie
- Identifier les secteurs en croissance : Ciblez les domaines porteurs comme la transition verte (qui pourrait créer 8 600 emplois), l’intelligence artificielle et les technologies numériques.
- Explorer les programmes de formation : Renseignez-vous sur les programmes financés par le gouvernement comme le PRATIC, les AEC et les formations courtes qualifiantes pour acquérir rapidement des compétences recherchées.
- Tester via l’économie de flexibilité : Utilisez le travail autonome, la pige ou les projets contractuels pour expérimenter un nouveau métier sans quitter votre emploi actuel.
- Développer des compétences transversales : Misez sur l’adaptation numérique, la compréhension de l’IA et les principes de l’économie verte, des compétences utiles dans presque tous les secteurs.
- Maximiser l’adéquation formation-emploi : Concentrez vos efforts sur les secteurs où les pénuries de main-d’œuvre qualifiée sont les plus criantes pour augmenter vos chances.
Cette adaptation individuelle se joue dans un cadre défini par des règles collectives, dont la fabrication est un processus à la fois complexe et accessible.
Comment naît une loi au Québec : le guide pour comprendre où et quand vous pouvez intervenir
Parler d’économie sans parler des lois qui la régissent, c’est comme décrire une voiture sans mentionner le code de la route. Chaque décision économique, chaque stratégie d’entreprise se déploie dans un cadre légal précis. Comprendre comment ce cadre est construit à l’Assemblée nationale n’est pas un simple exercice civique ; c’est un outil de pouvoir pour anticiper les changements et même, parfois, les influencer. Le processus législatif peut sembler opaque, mais il est en réalité balisé et offre des points d’entrée pour les citoyens et les groupes qui souhaitent se faire entendre.
Un projet de loi, qu’il concerne la fiscalité, l’environnement ou la santé, suit un parcours en plusieurs étapes : dépôt, consultations, étude en commission, adoption. C’est souvent lors des consultations particulières et des commissions parlementaires que le jeu s’ouvre. Des experts, des groupes de pression, des syndicats et même de simples citoyens peuvent y présenter des mémoires pour donner leur avis, proposer des amendements et influencer la version finale du texte.
L’impact de ce processus est très concret. Le budget 2024 du Québec en est une illustration parfaite. Confronté à un déficit important, le gouvernement a utilisé l’outil législatif pour réaligner sa stratégie fiscale, notamment en abolissant certains crédits d’impôt aux entreprises pour économiser 1 milliard de dollars sur cinq ans. Parallèlement, pour améliorer la performance du réseau de la santé, il a créé par une loi l’agence Santé Québec. Dans le même esprit, le gouvernement a décidé de renforcer ses équipes de lutte contre la criminalité économique. Cet investissement de 96,5 millions de dollars vise un objectif clair : le renforcement de la collecte des impôts devrait rapporter 660 millions $ de revenus supplémentaires. Ces décisions, nées dans l’arène politique, ont des conséquences directes sur l’environnement d’affaires et les services publics.
S’intéresser au cheminement d’un projet de loi, c’est donc se donner les moyens de comprendre les futures règles du jeu économique. C’est savoir où et quand sa voix peut avoir un poids, bien avant que la loi ne soit gravée dans le marbre.
Cette vision à long terme, qui guide l’action du législateur, doit aussi devenir le nouveau paradigme des entreprises qui souhaitent prospérer durablement.
À retenir
- La croissance du PIB ne garantit pas l’enrichissement individuel; le PIB par habitant est un indicateur plus juste de la prospérité.
- Le Québec démontre une résilience économique supérieure à l’Ontario, en partie grâce à un endettement plus faible des ménages.
- Le défi majeur du Québec est d’augmenter sa productivité pour contrer les effets de sa démographie (vieillissement et forte immigration).
La croissance à tout prix, c’est fini : comment bâtir une entreprise qui prospère sur le long terme
L’économie québécoise est à la croisée des chemins. Le modèle basé sur une croissance quantitative, mesurée uniquement par la hausse du PIB, montre ses limites. Comme nous l’avons vu, il est possible de faire croître l’économie tout en appauvrissant relativement chaque citoyen si la productivité ne suit pas. La véritable prospérité, celle qui est durable et partagée, exige un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de grandir à tout prix, mais de grandir *mieux*.
Pour les entreprises, cela signifie passer d’une logique de volume à une logique de valeur. La question n’est plus « comment vendre plus ? » mais « comment créer plus de valeur par heure travaillée ? ». Cela passe inévitablement par l’innovation, l’automatisation et l’investissement dans les compétences. Une entreprise qui prospère sur le long terme est une entreprise qui améliore constamment son efficience, la qualité de ses produits et le bien-être de ses employés, plutôt que de simplement courir après le prochain contrat.
Cette vision de la prospérité à long terme trouve un écho dans certaines politiques sociales qui sont en réalité de puissants leviers économiques. Le modèle québécois des services de garde en est l’exemple parfait. Ce qui était d’abord une politique familiale est aujourd’hui reconnu comme un investissement stratégique.
Pour l’économie canadienne, les services de garde d’enfants à 10 $ par jour pourraient accroître de 1,1 % le PIB à long terme.
– Ministère des Finances du Canada, Énoncé économique de l’automne 2024
Cet investissement lève une barrière majeure à l’emploi, particulièrement pour les femmes, augmentant ainsi le bassin de main-d’œuvre qualifiée et stimulant l’activité économique. C’est la preuve qu’une croissance durable et inclusive ne se limite pas à des mesures fiscales ; elle s’ancre dans des politiques sociales intelligentes qui créent de la valeur pour tous. Le défi de la croissance québécoise, malgré une hausse du PIB global de 1,4% en 2024, est de réconcilier cette croissance avec la prospérité par habitant.
Bâtir une économie qui prospère sur le long terme exige donc courage et vision : le courage de regarder les chiffres qui dérangent et la vision d’investir dans ce qui crée de la richesse durable, c’est-à-dire le capital humain et l’innovation.